jeudi 27 mai 2010

Californie suite

Lors de notre dernier jour sur San Francisco nous avons donc récupéré notre voiture de location. Après une petite heure d'attente (et un peu de paperasse), nous finissons par accéder au parking où nous attend notre "Pontiac", ... qui s'avère être en fait une Volkswagen Jetta! Et merde! Mathilde est contente de retrouver une VW, moi je suis un peu deçu sur le coup...
Mais bon en regardant de plus près: la voiture est quasi neuve (elle a été mise en circulation 17 jours auparavant) et la cylindrée fait quand même 2.5L.

Aussitôt assis dans la voiture, nous mettons cap au sud en longeant l'océan. Première étape, pour la pause casse croute, Santa Cruz (c'est la que se trouve l'usine de VTT "Santa Cruz", mais vu qu ils ne vendent pas en direct, on a pas pris la peine de chercher l'usine). Après le repas, nous poursuivons au sud vers la petite ville de Monterey.

Ce lieu est réputé pour sa faune aquatique (l'océan étant assez profond à proximité de la côte, de nombreuses baleines viennent dans le coin), l'influence de la culture espagnole (les colons ont séjournés pas mal de temps ici), et sa route panoramique de 17 miles qui relie Monterey à Carmel (une petite localité huppée, où l'on trouve plus de parcours de golf que de McDo).

Après avoir rapidement fait le tour du centre ville, nous sommes partis en direction de Carmel.
La route est effectivement superbe, avec beaucoup de points de vue aménagés (remplies d'écureuil grassouillets). Même si nous sommes toujours en Californie, il ne fait pas très chaud et le vent n'arrange pas les choses! Arrivés sur Carmel, nous avons fait une pause sur la plage, à observer les surfers (et un chien rasta!).
Avant de rentrer sur Monterey, nous avons fait un détour par une petite péninsule, classée en parc régionale, où nous avons pu voir des otaries.


Le lendemain, direction l'Est et Salinas. Sur la route, nous sommes passé près de Laguna Seca (les fans de Gran Turismo connaisse bien ce nom). Salinas est réputée pour ses vignobles et son agriculture. Le samedi matin, nous avons profité d'une opération porte ouverte dans une ferme pour déguster des fraises et des gateaux. On a (ou plutôt "j'ai" vu que Mathilde conduisait) enchainé ensuite sur la route des vins. Les viticulteurs utilisent et proposent divers cépages: Pinot Noir, Chardonnay, Malbec, Syrah, etc. L'un d'eux nous a même proposé du "Meritage" un mélange de rouge dont le producteur semblait très fier (on a qualifié ce vin "d'interessant" pour ne pas facher le monsieur...).

Après les régions agricoles de la Californie, direction le parc national du Yosemite (prononcer "Yosémiti"). Ce parc est l'un des plus vieux et des plus connus des USA. En arrivant sur place, le paysage nous fait vite comprendre pourquoi: la vallée principale est étroites et bordée de falaises de 1000m, avec des cascades d'eau qui déboulent dans tous les sens.
On peut y voir de nombreux animaux, notament des ours. Le parc possède beaucoup de poubelles blindées, afin que les ours ne fouillent pas dedans. Ces derniers saccagent une centaine de voiture par an en recherchant de la nourriture. De notre coté, nous n'avons pas vu de grosses bêtes, mise à part des biches avec leurs petits.


Nous avons passé la première journée dans cette vallée, à faire le tour des différents point de vues et à visiter un petit musée sur la culture indienne locale. Le lendemain, nous avions prévu une petite rando jusqu'au sommet des chutes d'eau. Mais un glissement de terrain a coupé le chemin une vingtaine de minutes avant notre passage. Donc "plan B" et direction le sud du parc (à 1h de voiture de là) pour Mariposa Grove, qui est une forêt de séquoias géants.

La californie est un des dernier endroit où l'on peut encore observer ces géants (le plus grand arbre au monde se trouve dans le sequoia National Parc au sud du Yosemite). De loin (ou sur les photos), on ne se rend pas trop compte de la taille de ces arbres (plus de 70m)! Le plus vieil arbre de Mariposa grove a commencé à pousser au temps du règne de Cléopatre! Les gardes entretiennent cette zone en démarrant périodiquement des feux. Les "petits" arbres ne survivent pas à cette opération. Les géants, eux, ne sont pas inquiétés et ont du coup plus de place.


Après Mariposa et les séquoias, il est temps pour nous de rentrer sur San Francisco pour rendre la Jetta à l'aéroport. Prochaine étape: Las Vegas!



mardi 18 mai 2010

If you're going to San Francisco...

Ca y est je reprends la plume après ces quelques semaines de silence : beaucoup l'ont reclamé mais j'avoue que Steve gère tellement bien le résumé de nos aventures, que je n'ai aucun problème à lui laisser l'exclusivité des récits !

Alors nous voici donc à San Francisco, mais avant de vous raconter nos journées, il faut d'abord que je vous mette dans l'ambiance particulière de cette ville notamment avec une chanson mythique. Bon c'est kitsch, mais c'est ça aussi San Francisco et puis c'est aussi pour faire plaisir à Steve : je lui chante tous les jours depuis notre arrivée ici ... et il ADORE ;-)


http://www.youtube.com/watch?v=SB2tYYYlwMc


San Francisco, c'est la révolution hippie des années 60, la sillicone Valley, la cité "gay fiendly, les jolies maisons victoriennes, le Golden Bridge, les tramways ... :
bref tout un programme !


Nous commencons doucement (ben oui car levés à 4h du mat pour notre vol Los Angeles-San Francisco...) avec un petit tour en bord de mer pour un "brunch chic" sur les pontons de la ville, on peut y trouver du bon pain et fromage, des fruits de mer etc... Pour le fromage, on attendra un peu car ici plus qu'ailleurs, tout ce qui a une connotation française, devient produit de luxe !!! Par contre, on se fera plaisir avec une jolie barquette de fraises dégustée au soleil, le top... sauf qu'il fait froid !!! Et oui on est bien Californie, mais à San Francisco, le vent sévit à tel point que Steve a du dégainé le bonnet ! (ce qui veut dire quelque chose contrairement à moi qui ai toujours froid malgré mes couches de polaire-odlo-goretex-bonnet etc...).


Passage ensuite par Chinatown, et là pas de doute sur le quartier, on est en plein milieu de l'" Empire du milieu" (ah, ah le jeu de mots, ca vous manquait ca aussi ;-). On se pose sur une place à observer les vieux monsieurs jouant aux échecs chinois, les mamies en plein jeu de carte et tout cela sur une musique bien typique qui a encore une fois beaucoup plu à Steve (il est presque venu a regretter la flûte de pan !!!)


Dimanche, nous avons assisté à une course à pied appelée "Bay to Breakers", cette course est biensûr faite pour les sportifs de haut niveau mais l'originalité de la manifestation réside dans le fait que les gens de San Francisco et des environs y participent aussi mais déguisés et là on en prend plein les yeux. On a donc passé toute la matinée à observer cette bande de fous furieux dans leurs plus beaux déguisements, le clou du spectacle étant évidemment la tenue d'Adam et parfois d'Eve, et là pas de doute, on peut vous confirmer que ces coureurs délurés avaient froid ;-). Le décor de la course était quant à lui tout aussi intéressant puisqu'il avait pour fond les fameuses maisons victoriennes de San Francisco : pour les initiés, il s'agit des maisons filmées dans le générique de la série "fête à la maison". Et pour terminer cette journée de folie, on a fait un saut dans le quartier "Castro", le quartier "gay" de la ville, c'est bizarre, il y avait plein de garçons qui se tenaient la main et s'embrassaient en public, ben je comprends pas ! ;-)


Pour nos deux dernières journées, nous avons prévu deux visites mythiques : Alcatraz et le Golden Gate Bridge. Alcatraz est la prison mythique des US réservée aux criminels les plus dangereux du pays, le plus célèbre étant Al Capone en personne ! Alcatraz est situé sur une île à quelques kilomètres de San Francisco : les prisonniers étaient sûrement les mieux placés pour avoir une vue sur la ville !!! Durant cette visite, on apprendra plein de choses intéressantes comme :
- les prisonniers avaient droit à des douches chaudes et n'étaient autorisés qu'à très peu de sport pour éviter de créer des conditions favorables à leur évasion : eh oui il faut être en forme et resister à la température de l'eau pour rejoindre la terre ferme...
- en 1962, il y a eu une évasion réussie mais on n'a pas retrouvé les corps de deux évadés, alors ont-ils réussi à rejoindre la rive ? Mystère... En tout cas, si ils ont survécu, ils ont aujourd'hui plus de 80 ans.
- il y avait tout une communauté vivant à côté de la prison, principalement constituée des familles des officiers de prison et apparemment la vie sur Alcatraz était plutôt paisible malgré la présence de dangereux criminels sous les barreaux à proximité.


Pour ce qui est du Golden Bridge, nous venons tout juste de revenir de notre tour en vélo et malgré toute attente, le temps s'est quelque peu dégagé nous permettant de voir le fameux pont et sa couleur d'un rouge "chatoyant", on a même fait la traversée en vélo.


Bon ben voilà, c'est tout pour San Francisco, destination désormais Monterey puis Yosemite à bord de notre superbe voiture, normalement une Pontiac G6, ah c'est Steve qui est content, à nous la belle vie californienne !!!




vendredi 14 mai 2010

Première étape aux USA: La Californie et Los Angeles

Après 9h de bus, puis 30 minutes de taxi, nous voici à l'aéroport de Lima. De là, nous avons embarqué pour un vol de 8h pour les USA.

Lundi matin, à 6h30, nous atterrissons à Los Angeles. Première étape: passer l'immigration. Alors que Mathilde passait tranquillement, mon passeport rempli de tampons et de visas à semble t il attisé la curiosité de l'agent, qui m'a du coup beaucoup questionné (quel est votre métier? Ou allez vous? Qu'êtes vous aller faire au Népal en 2009? Pouvez vous me montrer votre billet d'avion retour?).

Après ce petit comité d'accueil, direction notre hôtel en centre ville. Niveau hébergement, ce n'est plus tout à fait le même budget qu'au Pérou! Mais en fouillant un peu sur le net, nous avons dégoté une chambre au tarif discount de 40$ (au lieu de 60$!). Vu qu'il est assez tôt, nous partons vadrouiller au centre ville. Nous sommes allez faire un petit tour au sommet du building de la mairie, afin d'avoir une vue panoramique des environs (avec au loin la célèbre colline d'Hollywood). Nous avons aussi jeté un coup d'oeil à la cathédrale en béton construite en 2002, ainsi qu'au « Staple center », la résidence des Lakers où trône la statue de Magic Johnson (malheureusement, ceux ci jouaient à l'extérieur, donc pas de match pour nous).

Le deuxième jour sur place, nous avons fait un petit tour dans le quartier japonais puis au Science Center. A la fin de la journée, nous avons eu une petite séance d'Imax 3D où était projeté un film à la gloire d'hubble (et de la NASA!).

Le lendemain, nous avons fait un tour en banlieue... … à Hollywood et Beverly Hills! A Hollywood, nous sommes passé par le célèbre Hollywood boulevard, avec son trottoir aux étoiles et ses personnages déguisés qui arpentent la rue et accostent les touristes (pêle mêle: Marilyn, Micheal, Spiderman, Batman, un Star Trooper, Freddy, Mario et Luigi,...). Nous nous sommes limités à deux visites ici: la version américaine de Mme Tussaud (statues de cire de célébrités) et le Hollywood muséum (exposition de d'accessoires et de costumes). Il y avait différentes mises en scènes au musée de cire (et l'on s'est bien marré!). Intéressant de voir la taille « réelle » des différentes stars (elle sont pas bien grande Jennifer Aniston et Penelope Cruz! Pour John Wayne et Clint, c'est l'inverse, on les imagine plus petit!). A midi, nous avons mangé nos premier hamburgers sur le sol américain dans un fast food genre années 50: jusque là on avait bien esquivé en mangeant japonais, puis thailandais!

Du coté de Beverly Hills, alors que Mathilde comptait les vitrines et marques de luxes, je comptais les sportives (quatre Ferraris en 25 minutes, pas mal... On pourrait presque jouer à « le premier qui voit une voiture de moins de 200CV a gagné »).

Le troisième jour sur place, nous avons passé la journée aux Universal studios. En plus de la visite des studios, un parc à thèmes a été aménagé. Nous avons donc pu faire un tour dans la rue des « Desesperate housewifes », vior les décors de "Retour vers le futur", la Ferrari de Magnum et la skyline de "Fast and Furious". C'est intéressant, mais ça casse un peu le mythe!

Nous avons passé notre dernier jour sur Los Angeles sur la côte à Santa Monica. Santa Monica est l'une des extrémités de la célèbre route 66, traversant le pays de Chicago à la côte Ouest. Nous avons passé l'après midi tranquillement (pas de baignade! Il faisait pas vraiment chaud!) avant de rentrer sur le centre ville (une heure de bus pour renter quand même!).

Samedi matin, hop un petit vol en avion et nous serons à San Francisco.


samedi 8 mai 2010

Derniers jours au Pérou: Arequipa et Nazca

Nous avons donc quitté la Bolivie en prenant des chemins de traverse, afin de contourner quelques barrages de grevistes. Arrivée à la frontière, il nous faut une petite heure pour tout d'abord passer les douanes boliviennes et ensuite l'immigration péruvienne (là c'est plus long, la file d'attente atteignant les 100m de long).

Après 8 nouvelles heures de bus nous voici à Arequipa. Il s'agit de la deuxième ville du pays. Cette dernière est réputée pour son architecture (on la surnomme la ville blanche en raison des nombreux batiments construits en pierre claire), son couvent (le plus grand du monde), le volcan Misti qui surplombe la ville et le canyon de Colca situé non loin de là.

Le premier jour sur place, après avoir bien profité de la terrasse ensoleillé pour le petit déjeuner, nous sommes aller rendre visite a Juanita. Juanita est une jeune inca issue d'une famille noble de Cuzco, qui a été offerte en offrande il y a plus de 500 ans. Son corps a été découvert il y a une dizaine d'année, lors de l'éruption d'un volcan local, qui a eu pour conséquence de dévoiler le corps caché sous la glace pendant des centaines d'années. Ce corps congelé (il ne s'agit pas d'une momie, car elle n'a pas été embaumée) a permis de comprendre beaucoup de chose sur les sacrifices humains faits par les incas. Ceux ci avaient lieu lors de faits graves et exceptionnels: secheresse, épidémie, éruption. Un enfant était choisi parmi les plus haute famille noble. Les prêtres ainsi que "l'offrande" se sont donc rendu de Cuzco à la région d'Arequipa (ça fait déjà une bonne trotte!) avant d'atteindre le lieu de cérémonie à plus de 6000m (tout ça avec des chaussures faites de paille tressées!). La jeune fille a été droguée (une fois sur place) avant de recevoir un coup sur la tête (cause de la mort ayant pu être identifié par scanner). Son corps ainsi que les diverses offrandes qui l'accompagnaient ont été extrêmement bien conservés: l'ensemble est exposé au musée (le corps étant dans un caisson réfrigéré. => très impressionnant! )


Le deuxième jour, nous sommes partis visiter le couvent de Santa Catalina. Il s'agit en fait d'une ville à l'intérieur de la ville. Derrière le mur d'enceinte se trouve une succession de cellules réparties en blocs et séparés par des rues: un véritable labyrinthe (de quoi organiser une finale de championnat mondiale de paint ball!).



Le troisième jour, nous avons quitté Arequipa très tôt (à 3h du mat'!), direction le canyon de Colca. Ce canyon est le deuxième plus profond au monde: plus de 3300m (le plus profond se situant à quelques centaines de km de là). Nous avons fait un premier stop sur la route pour observer les condors cherchant les courants ascensionnels (quoique finalement c'est peut être plutôt eux qui viennent observer les touristes!).
Après cela, rapide repas et c'est parti pour 3h de rando (en descente exclusivement) afin d'atteindre les villages située dans la vallée. Nous avons passé deux nuits dans ce canyon. Le deuxième jour étant agrémenté par une halte dans une oasis (avec piscine!) situé au fond de la vallée. Même si l'on se trouve au point le plus bas à cet instant, nous sommes quand même à 2200m. Au matin du troisième jour, départ à 5h30 pour un rando de 2h (exclusivement en montée cette fois ci!). Sur la route du retour, petite pause à des sources d'eau chaudes, puis à un point de vue à 4900m sur la vallée des volcans située non loin de là.


De retour à Arequipa, nous passons notre dernière soirée dans une crêperie française (une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal de quitter la gastronomie locale). Après plus de 3 semaines d'aventures communes, Sandrine va rentrer directement sur Lima en avion, avant de rentrer en France. De notre coté, nous allons rentrer sur Lima en bus, en faisant sur la route une halte à Nazca.


Nazca est connue mondialement pour ses "lignes". En effet, dans le desert adjacent à la ville ont été tracés il ya plusieurs centaines d'année des lignes (jusqu'à 9kms de long!) et des représentations d'animaux (jusque 300m de long) visibles uniquement d'avion ou depuis un point surélevé. Les raisons de ces tracés sont peu connus (piste d'atterissage pour E.T.?, calendrier géant?) même si l'hypothèse d'offrande aux dieux est privilégiée. Nous n'avons pas choisi l'option vol matinal en petit avion (qui a pour reputation de faire ressortir le dejeuner) mais l'escalade de colline et de miradors. La vision de la ligne partant à l'horizon est assez troublante, tout comme la découverte du plan global du lieu qui revèle la multitude de lignes et de figures. L'après midi, nous sommes allés visiter un ancien lieu de sépulture. Les momies ont été conservés à l'air libre (les tribus locales avaient pour habitude de passer les voir de temps en temps). Le guide nous a même indiqué que les personnes de son village gardait encore les têtes de leurs ancêtres à la maison! Vu la secheresse local les momies sont bien conservées. Enfin, mise à part le fait que de nombreux pilleurs ont saccagés des sépultures et répandus par la même occasion des ossements un peu partout!


Après ces petites visites, il est temps pour nous aussi de rentrer sur Lima et de filer directement à l'aéroport pour prendre notre vol pour Los Angeles dimanche soir.

"Le Pérou, la Bolivie : leurs hommes, leurs cultures" par Sandrine

Ce que j'aime par dessus tout lorsque je visite un pays, c'est observer les gens : la façon dont ils vivent, parlent, travaillent, éduquent. Je vais essayer de vous faire part de la culture locale et de mes impressions. Mais, avant toute choses, afin de mieux comprendre la société d'aujourd'hui, il faut rappeler l'historique des deux pays : le Pérou et la Bolivie.

De nombreuses civilisations se sont entremêlées dans ces régions : celle de Moche, Moxo, Nazca ou Tiwanaku. Mais, l'empire Inca est incontestablement celui qui a marqué l'histoire. Bien que la domination Inca n'ait duré que 100 ans (1438-1532), sa splendeur tenait à l'immense territoire qu'il couvrait : Pérou, Bolivie, Equateur et une bonne partie de la Colombie et du Chili d'aujourd'hui. En 1533, les espagnols menés par Francisco Pizzaro envahissent Cuzco (le « nombril » de la civilisation Inca) et rapidement mettent fin à l'empire Inca. La Civilisation Inca disparaît totalement avec l'évangélisation des Indiens (bien qu'ils continuaient le culte animiste). De ce bouleversement historique naît une nouvelle caractéristique chez les Indiens : le métissage. Aujourd'hui, en Bolivie coexistent des Blancs, des métis, des Aymaras, des Quechuas, des Guarani, des tribus amazoniennes et des Noirs. En 2010, le Pérou compte 30 millions d'habitants dont 9 à Lima. La population de la Bolivie est bien inférieure. D'ailleurs, il y a autant d'habitants en Bolivie qu'à Lima. La langue officielle des deux pays est l'espagnol. Les langues locales, le Quechua et l'Aymara, sont apprises à l'école bolivienne. L'artisanat constitue une manne financière importante aussi bien pour les péruviens que les boliviens.

Maintenant que le décors andiniste est planté, je vais vous faire part de mes impressions sur les différences culturelles que j'ai pu observer.

Tout d'abord, ce qui mérité d'être abordé est la physionomie des personnes que nous avons rencontrées. Les péruviens et boliviens sont traditionnellement mates de peau, très brun, plutôt de petite taille et les femmes portent deux tresses qui tombent dans le bas du dos. Ils ont également une cage thoracique très développées et des joues très colorées, voire même violacées du fait de l'altitude. La majorité des femmes portent des tenues « haut en couleur » : des jupes bouffantes et des boléros de couleurs vives ainsi qu'un châle noué autour du cou qui permet de transporter dans le dos des affaires ou même... un enfant.

Ensuite, en tant que française pure souche, je ne pouvais traiter des différences culturelles sans aborder la partie gastronomique. La cuisine péruvienne et bolivienne est à base de maïs, blé, quinoa et de pomme de terre. La cuisine traditionnelle met en avant des plats, comment dire très récurrents. Pendant plusieurs jours, nous avons eu le choix entre Trucha (truite), omelettes, pollo (poulet) et pizzas briochées (Miam!). On a vite saturé. Par contre, on ne se lasse pas des panqueques (pancakes) et des ñoquis (gnocchi)!!! Les spécialités « boissoniques » de la région sont la Chicha Morada (boisson à base de maïs) et l'Inka-Cola. L'Inka- Cola est la boisson la plus vendue et bue au Pérou. Il détrône largement le Coca-Cola. Il s'agit d'une boisson gazeuse jaune fluo à la délicieuse saveur médicamenteuse.

Il faut que je vous avoue que Mathilde et moi avons largement contribué à l'essor économique du pays, et plus particulièrement à celle du secteur de l'artisanat. Nous sommes tombées en admiration devant les tricots de chaussettes, bonnets, ponchos, gants, pulls, etc. Mathilde a d'ailleurs acquis une expertise inimitable en « toucher de laine ». En une caresse elle différenciera le type de lainage : alpagua adulte, bébé alpagua, lama, vigogne, guanaco. Quel talent!

J'ai été également très attendrie par les enfants du Pérou et de la Bolivie avec leur petite bouille lisse et dorées. Les bébés sont, eux, empaquetés dans le dos de leur maman. Ce qui exaspère par contre est l'exploitation de ces jeunes enfants. Dès leur plus jeune âges, ils sont propulsés sur les devants des trottoirs pour venter les mérites des produits à vendre, et ce en plusieurs langues. A leur jeune âge, ils connaissent déjà la valeur d'un Sol péruvien ou d'un Boliviano ainsi que les techniques de négociation.

Et qu'en est-il du folklore, me diriez-vous? En bien, il en est qu'il tourne autour de l'instrument musical national : la flûte de pan. La flûte de pan émet des sonorités douces et harmonieuses qui ont tout de suite séduit Steve. Et c'est d'ailleurs la célèbre chansion « Lloando se fue » que le groupe « Las Kjarkas » a composé et interprété à la flute de pan. C'est une chanson que nous connaissons vulgairement sous le nom de « Lambada » (reprise portugaise).

Voici donc un petit tableau personnalisé des populations boliviennes et péruviennes. Pour ceux qui souhaitent savoir comment se passent les relations que nous pouvons avoir au quotidien avec les gens du pays, et bien en tant que touristes, on est confronté à une contradiction assez frappante liée très certainement à la montée de l'économie touristique. D'une manière générale, les locaux savent transmettre leur bonne humeur par leur sourire (souvent édenté :-) et leurs couleurs. Par contre, il n'est pas rare que certaines personnes nous donnent fortement l'impression que nous sommes là pour payer et cela sans trop de tact. Mais on le sait bien, les français sont des râleurs!

Par conséquent, les cultures péruviennes et boliviennes sont fascinantes et si colorées, elles nous propulsent loin de notre quotidien, et rien que pour cela, on vous conseille vivement de venir y faire un tour.


lundi 3 mai 2010

La Bolivie: suite et fin

Après l'ile du soleil, direction La Paz.
Après quelques heures de bus et une traversée en barge du lac assez « artisanale », nous arrivons en vue de La Paz. Arrivée assez impressionnante: on passe d'un plateau assez sec (à 4000m d'altitude), qui débouche soudain sur une vallée remplie de constructions (population de 700 000 habitants).




La ville présente un dénivelé de 800m entre les quartiers riches (située en bas) et les quartiers plus défavorisés (situés sur les hauteurs). Les ballades en centre ville se transforment donc vite en petite randonnée lorsqu'il faut passer d'un quartier à l'autre (sans parler de la chambre d'hôtel qui se situe au quatrième étage, sans ascenseur: ça calme!).

Nous profitons du premier jour sur place pour faire un petit tour en centre ville et visiter quelques petits musées (notamment, le musée de l'or, qui expose parures et bijoux des anciennes civilisations). Après cela, il nous faut comparer les offres des différentes agences en terme d'excursions. Et là, à la vue des possibilités offertes, notre petit groupe va se diviser en deux: le groupe des filles, et celui des garçons (dont je serai l'unique et digne représentant!).
En effet, de mon coté, j'ai été d'office intéressé par la descente à VTT de la route de la mort, alors que ces demoiselles étaient plus motivées pour une visite de Chacaltaya (la plus haute station de ski au monde).

"La descente en VTT de la route de la mort"

La route de la mort est en fait l'ancien chemin d'accès à Coroico (ville située à 1300m d'altitude). Il s'agit d'une piste de 3,5m de large, zig zaguant dans la montagne et bordé de précipices de 300m. Cette route était très dangereuse (reconnue comme la plus dangereuse au monde!) car elle recevait un trafic important de bus et de camions (la route, ou plutôt la piste étant ouverte à la circulation dans les deux sens simultanément!). Depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon en 2006, le trafic est beaucoup plus faible, même si de nombreux locaux continue d'emprunter cette route (car plus courte que la nouvelle). De nombreuses agences proposent la descente de cette piste, sachant que l'on part de 4600m et que l'on arrive à 1300m en un peu plus de 60kms. Cette descente s'effectue en groupe, avec des guides qui indiquent où il faut se calmer (car même si 3,5m c'est large pour un vélo, ça l'est moins pour une vélo+un camion!).
Ce tour est très bien organisé, puisqu'à l'arrivée, le repas est pris dans une auberge sympa avec piscine (le changement de climat avec La Paz est assez hallucinant!).

Pendant ce temps là, voici ce qui se passait du coté de ces demoiselles:



« Les aventures de Mathilde et Sandrine à Chacaltaya » par Sandrine

« Alors que Steve descendait la route de la mort en VTT, Mathilde et Sandrine s'organisèrent une petite excursion combinée entre fille : la montagne de Chacaltaya et la « Valle de la luna ». Cependant, le tout opérateur ne se présenta pas au RDV : l'excursion fut annulée. Quel ne fut pas leur désarroi! Mais les deux filles avaient plus d'un tout dans leurs poches. Aussitôt, elles accostèrent un taxi et le prièrent de les emmener jusqu'à la station de ski la plus haute du monde : Chacaltaya. Le chauffeur tenta d'augmenter le prix de la course. Mais que ni ni, Mathilde et Sandrine ne cédèrent pas une négociation si triviale. C'est ainsi que le chauffeur entama la conduite de ces charmantes demoiselles vers les monts enneigés. A quelques enclavures de la station, la voiture montra quelques signes de faiblesse : plus de ventilateur, plus de batteries, plus de fusible! Ni une, ni deux, Mathilde et Sandrine sortirent du taxi et dévouèrent pour chercher âme qui vive dans ce désert lunaire à 5400 mètres d'altitude. Elles eurent la chance de tomber sur six scientifiques de rayons cosmiques reclus dans leur laboratoire. Ils les accueillirent à l'intérieur de leurs laboratoire et leur offrirent un thé. Ils leur expliquèrent qu'à l'époque, le site était en permanence sous la neige comme pouvaient en témoigner les photos accrochées au mur mettant en valeur des femmes plantureuses légèrement vêtues sur un glacier. Pour se remettre de ses émotions, Sandrine s'éclipsa quelques instants dans les lieux de convenance du laboratoire. Dès qu'elle fut à l'intérieur, des émanations pestilentielles l'envahirent. Manquant de faire un malaise, elle actionna instantanément la poignée mais celle-ci lui resta dans les mains : elle était enfermée dans ce sanctuaire de putréfaction. Elle appela à l'aide son acolyte Mathilde qui vint la secourir immédiatement. Sandrine lui témoigna toute sa reconnaissance. Pendant que le chauffeur s'affairait à la réparation du véhicule, Mathilde et Sandrine entreprirent l'ascension des quelques mètres restants du somment de Chacaltaya. Une vue époustouflante à 360° : frontière chilienne, lac Titicaca, Huyuna Potosi à 6088 mètres. Après ce moment d'extase panoramique, le chauffeur les ramena jusqu'à La Paz tant bien que mal car la voiture avait largement souffert sur les pistes cassantes. A La Paz, enchantées de leurs journée, Mathilde et Sandrine laissèrent le chauffeur dépité avec son véhicule crasseux et son radiateur percé. »



Même après ces petites excursions, les offres des agences ont continué de créer des « conflits d'intérêts ». Les deux petits groupes ont donc continué d'exercer leurs activités de manière séparée: le groupe masculin partant à l'ascension du Huayna Potosi (6088m), le groupe féminin partant lui pour une petite randonnée du coté de Sorata (connue pour être la capitale nationale du trekking).

L'ascension du Huayna Potosi (6088m)

Lorsque j'ai reservé l'excursion pour l'ascension, l'agence m'avait indiqué que j'accompagnerai deux autres personnes. Au matin du départ, il s'avère que je suis finalement tout seul avec le guide!
L'ascension s'effectue en trois jours. Le matin du premier jour, transfert de La Paz au premier refuge à 4800m. L'après midi, le guide m'emmène sur le glacier tout proche pour me briefer sur l'utilisation de la corde, des crampons et du piolet dans les différentes situations (montée, descente, chutes, etc). Après tout ça, petite séance de grimpe sur glace avec piolets et crampons. Et là, à plus de 4800m, en plus de me prendre des pains de glace sur la tronche, je me suis ruiné physiquement (message à l'intention de Vincent et Ben: n'effleurez même pas l'idée de m'emmener un jour faire de la cascade de glace, je pense en être dégouté pour très longtemps!). Le deuxième jour, ascension (avec le matos sur le dos) jusqu'au second refuge à 5130m. Arrivée en matinée, et repos jusqu'au soir, puisque l'assaut vers le sommet est lancé à 1h30 du matin. Un petit coup d'oeil au commentaire (en français) inscrit sur le mur du refuge, juste à coté de la porte: « Allez les amis, vous allez bien en chier! » et c'est parti! Les crampons sont chaussés 50m après le refuge et nous les garderons jusqu'au sommet. Après quelques minutes d'ascension, on (ou plutôt je, car le guide se promène) bascule en mode zombie: souffle court, bras ballants et foulées d'environ 20cm, avec des pauses tout les 10m dans les portions raides. Ce seras comme ça pendant 4h, jusqu'à l'arrivée au pied du mur final. Là, alors que le groupe devant nous semble galérer dans un couloir sur la gauche, le guide me demande de prendre sur la droite. Je monte donc sur la droite jusqu'à l'arrête. Une fois la tête passée au dessus de celle-ci, le guide me montre les lumières de La Paz, au loin... ….avant de me montrer le glacier juste en dessous de nous, au pied de la face, 1200m en contrebas! Sur ces bonnes paroles, le guide repasse devant, et poursuit l'ascension en marchant sur le sommet tassé de l'arrête et me demande de le suivre. A la vue du passage (qui doit bien faire la largeur de deux chaussures, et que l'on doit passer debout, sans appui pour les mains ni le piolet), j'avoue que j'ai eu un bug! Après quelques minutes de réflexion, je finis par me lancer dans le passage, en me décalant du fil de l'arrête pour pouvoir utiliser le piolet. Après quelques minutes, nous avons rejoint le voie principale, et pouvons poursuivre jusqu'au sommet. Nous sommes arrivés au sommet vers 6h00, dans la pénombre. Après avoir tenté d'attendre le levé de soleil, je fini par demander à redescendre avant celui-ci (fait pas chaud la nuit à plus de 6000m). La descente s'est effectuée tranquillement en un peu moins de deux heures, en prenant quelques photos, vu que du coup il commence à faire jour (et que les paysages c'est quand même vachement plus simple à prendre en photo lorsqu'il ne fait pas nuit).

De retour à La Paz, petite sieste à l'hôtel en attendant les membres de l'équipe féminine, dont voici le récit des aventures.

« Les aventures de Mathilde et Sandrine (Bis) » par Sandrine

Avec Mathilde, nous avons décidé de quitter La Paz quelques jours pour nous rapprocher de la campagne et surtout trouver un peu de chaleur. Les températures à La Paz sont plutôt fraîches du haut de ses 4000 mètres d'altitude!!
Notre choix s'est porté sur le village de Sorata, dans la Cordillère Royale ; village réputé pour ses balades en montagne. Pour nous y rendre, nous avons pris un minubus local d'une capacité totale de 15 personnes. C'est ainsi que nous avons voyagé pendant 3 heures à 17 personnes (sans compter les bébés et les bagages)! Le voyage en valait la peine car nous avons découvert un ravissant village accroché à des montagnes verdoyantes. Il est même dit que Sorata est l'un des plus beaux villages des Andes.
Nous avons déposé nos valises dans une petite auberge germanique (pour que Mathilde puisse pratiquer son allemand) qui se trouvait en tout contre-bas du village. Autant dire que nous devions gravir une montée infernale pour atteindre le village. En tout cas, nous avons apprécié la terrasse baignée par le soleil où nous nous sommes adonnées à nos passions : soleil et lecture. Comme le disait si bien Mathilde, il ne manquait plus que la piscine (chose rarissime en Bolivie)! Pour bien finir la journée, nous avons organisé une petite soirée Chocapic dans notre chambre, miam miam!
Le lendemain matin, nous sommes parties accompagnée de notre guide Ricardo à la Laguna Chilata. Une voiture nous a conduit jusqu'à 3000 mètres d'altitude. Et de là, nous avons marché 2h40 pour atteindre la Laguna à 4200 mètres d'altitude. Le paysage était magnifique. Après avoir avalé un sandwich à l'avocat et au fromage, nous sommes redescendues jusqu'au village qui se situe à 2700 mètres d'altitude. Bref, une belle balade! Une petite dédicace pour Mathilde qui a effectué cette longue randonnée en apnée. (cause : allergies).
A notre retour de la balade, nous sommes tombées sur un petit groupe de garnements de 7-8 ans qui pratiquaient ce que Mathilde a appelé « l'Intifada bolivienne ». En d'autres termes, ils nous ont prises pour cible et nous ont jeté des pierres. Aucun traumatisme physique, rassurez-vous mais le traumatisme culturel était bien présent.
Après ces longs efforts, nous rêvions d'un bon petit repas. Aussi, après une douche bien froide (coupure d'électricité), nous partîmes pour le Café Illampu, lieu reconnu pour ses spécialités gastronomiques. Il se trouve que la nuit est tombée très vite et que nous nous sommes retrouvées au milieu d'une forêt dans le noir mais nous avons tout de même trouvé le fameux Café Illampu qui était... fermé! Nous avons donc rebroussé chemin toujours dans la nuit, toujours dans la forêt et avons remontée la longue pente infernale menant au village. Là, nous avons savouré un délicieux plat de pâtes (puisque tous les autres plats étaient indisponibles du fait de la basse saison) et avons passé une agréable soirée en jouant au Scrabble en version anglaise (déformation linguistique oblige!!).
Le jour suivant, nous avons eu le plaisir de reprendre le minibus local toujours « optimisé au maximum » pour regagner La Paz où Steve nous attendait. Nous avons eu la mauvaise surprise sur notre retour, en entrant à La Paz, de constater que les routes principales étaient entièrement recouvertes de pierres : les boliviens protestaient contre la « Municipalidad ». Leur moyen de pression : couper l'accès à la capitale. Nous avons donc récupéré nos bagages et continué notre chemin à pied jusqu'à ce que la route soit de nouveau accessible et que nous trouvions un autre minibus. Nous sommes arrivées à La Paz toutes aussi épuisées que pouvait l'être Steve après son ascension."

Après ces différentes excursions, il est temps pour nous de penser à notre prochaine étape Arequipa au Pérou (à 12h de bus de La Paz). Mais les grèvistes bloquant les routes d'accès au Pérou ont retardé notre départ d'un jour. Nous avons donc profité de cette journée supplémentaire pour aller... … au ciné! La salle en elle même etait une attraction: le plafond et les murs étaient recouverts de centaines de boites d'oeuf! Une isolation acoustique apparemment efficace et certainement peu couteuse!

Le samedi 1er Mai, nous finissons par quitter la Bolivie, direction Arequipa!