Ce que j'aime par dessus tout lorsque je visite un pays, c'est observer les gens : la façon dont ils vivent, parlent, travaillent, éduquent. Je vais essayer de vous faire part de la culture locale et de mes impressions. Mais, avant toute choses, afin de mieux comprendre la société d'aujourd'hui, il faut rappeler l'historique des deux pays : le Pérou et la Bolivie.
De nombreuses civilisations se sont entremêlées dans ces régions : celle de Moche, Moxo, Nazca ou Tiwanaku. Mais, l'empire Inca est incontestablement celui qui a marqué l'histoire. Bien que la domination Inca n'ait duré que 100 ans (1438-1532), sa splendeur tenait à l'immense territoire qu'il couvrait : Pérou, Bolivie, Equateur et une bonne partie de la Colombie et du Chili d'aujourd'hui. En 1533, les espagnols menés par Francisco Pizzaro envahissent Cuzco (le « nombril » de la civilisation Inca) et rapidement mettent fin à l'empire Inca. La Civilisation Inca disparaît totalement avec l'évangélisation des Indiens (bien qu'ils continuaient le culte animiste). De ce bouleversement historique naît une nouvelle caractéristique chez les Indiens : le métissage. Aujourd'hui, en Bolivie coexistent des Blancs, des métis, des Aymaras, des Quechuas, des Guarani, des tribus amazoniennes et des Noirs. En 2010, le Pérou compte 30 millions d'habitants dont 9 à Lima. La population de la Bolivie est bien inférieure. D'ailleurs, il y a autant d'habitants en Bolivie qu'à Lima. La langue officielle des deux pays est l'espagnol. Les langues locales, le Quechua et l'Aymara, sont apprises à l'école bolivienne. L'artisanat constitue une manne financière importante aussi bien pour les péruviens que les boliviens.
Maintenant que le décors andiniste est planté, je vais vous faire part de mes impressions sur les différences culturelles que j'ai pu observer.
Tout d'abord, ce qui mérité d'être abordé est la physionomie des personnes que nous avons rencontrées. Les péruviens et boliviens sont traditionnellement mates de peau, très brun, plutôt de petite taille et les femmes portent deux tresses qui tombent dans le bas du dos. Ils ont également une cage thoracique très développées et des joues très colorées, voire même violacées du fait de l'altitude. La majorité des femmes portent des tenues « haut en couleur » : des jupes bouffantes et des boléros de couleurs vives ainsi qu'un châle noué autour du cou qui permet de transporter dans le dos des affaires ou même... un enfant.
Ensuite, en tant que française pure souche, je ne pouvais traiter des différences culturelles sans aborder la partie gastronomique. La cuisine péruvienne et bolivienne est à base de maïs, blé, quinoa et de pomme de terre. La cuisine traditionnelle met en avant des plats, comment dire très récurrents. Pendant plusieurs jours, nous avons eu le choix entre Trucha (truite), omelettes, pollo (poulet) et pizzas briochées (Miam!). On a vite saturé. Par contre, on ne se lasse pas des panqueques (pancakes) et des ñoquis (gnocchi)!!! Les spécialités « boissoniques » de la région sont la Chicha Morada (boisson à base de maïs) et l'Inka-Cola. L'Inka- Cola est la boisson la plus vendue et bue au Pérou. Il détrône largement le Coca-Cola. Il s'agit d'une boisson gazeuse jaune fluo à la délicieuse saveur médicamenteuse.
Il faut que je vous avoue que Mathilde et moi avons largement contribué à l'essor économique du pays, et plus particulièrement à celle du secteur de l'artisanat. Nous sommes tombées en admiration devant les tricots de chaussettes, bonnets, ponchos, gants, pulls, etc. Mathilde a d'ailleurs acquis une expertise inimitable en « toucher de laine ». En une caresse elle différenciera le type de lainage : alpagua adulte, bébé alpagua, lama, vigogne, guanaco. Quel talent!
J'ai été également très attendrie par les enfants du Pérou et de la Bolivie avec leur petite bouille lisse et dorées. Les bébés sont, eux, empaquetés dans le dos de leur maman. Ce qui exaspère par contre est l'exploitation de ces jeunes enfants. Dès leur plus jeune âges, ils sont propulsés sur les devants des trottoirs pour venter les mérites des produits à vendre, et ce en plusieurs langues. A leur jeune âge, ils connaissent déjà la valeur d'un Sol péruvien ou d'un Boliviano ainsi que les techniques de négociation.
Et qu'en est-il du folklore, me diriez-vous? En bien, il en est qu'il tourne autour de l'instrument musical national : la flûte de pan. La flûte de pan émet des sonorités douces et harmonieuses qui ont tout de suite séduit Steve. Et c'est d'ailleurs la célèbre chansion « Lloando se fue » que le groupe « Las Kjarkas » a composé et interprété à la flute de pan. C'est une chanson que nous connaissons vulgairement sous le nom de « Lambada » (reprise portugaise).
Voici donc un petit tableau personnalisé des populations boliviennes et péruviennes. Pour ceux qui souhaitent savoir comment se passent les relations que nous pouvons avoir au quotidien avec les gens du pays, et bien en tant que touristes, on est confronté à une contradiction assez frappante liée très certainement à la montée de l'économie touristique. D'une manière générale, les locaux savent transmettre leur bonne humeur par leur sourire (souvent édenté :-) et leurs couleurs. Par contre, il n'est pas rare que certaines personnes nous donnent fortement l'impression que nous sommes là pour payer et cela sans trop de tact. Mais on le sait bien, les français sont des râleurs!
Par conséquent, les cultures péruviennes et boliviennes sont fascinantes et si colorées, elles nous propulsent loin de notre quotidien, et rien que pour cela, on vous conseille vivement de venir y faire un tour.