lundi 3 mai 2010

La Bolivie: suite et fin

Après l'ile du soleil, direction La Paz.
Après quelques heures de bus et une traversée en barge du lac assez « artisanale », nous arrivons en vue de La Paz. Arrivée assez impressionnante: on passe d'un plateau assez sec (à 4000m d'altitude), qui débouche soudain sur une vallée remplie de constructions (population de 700 000 habitants).




La ville présente un dénivelé de 800m entre les quartiers riches (située en bas) et les quartiers plus défavorisés (situés sur les hauteurs). Les ballades en centre ville se transforment donc vite en petite randonnée lorsqu'il faut passer d'un quartier à l'autre (sans parler de la chambre d'hôtel qui se situe au quatrième étage, sans ascenseur: ça calme!).

Nous profitons du premier jour sur place pour faire un petit tour en centre ville et visiter quelques petits musées (notamment, le musée de l'or, qui expose parures et bijoux des anciennes civilisations). Après cela, il nous faut comparer les offres des différentes agences en terme d'excursions. Et là, à la vue des possibilités offertes, notre petit groupe va se diviser en deux: le groupe des filles, et celui des garçons (dont je serai l'unique et digne représentant!).
En effet, de mon coté, j'ai été d'office intéressé par la descente à VTT de la route de la mort, alors que ces demoiselles étaient plus motivées pour une visite de Chacaltaya (la plus haute station de ski au monde).

"La descente en VTT de la route de la mort"

La route de la mort est en fait l'ancien chemin d'accès à Coroico (ville située à 1300m d'altitude). Il s'agit d'une piste de 3,5m de large, zig zaguant dans la montagne et bordé de précipices de 300m. Cette route était très dangereuse (reconnue comme la plus dangereuse au monde!) car elle recevait un trafic important de bus et de camions (la route, ou plutôt la piste étant ouverte à la circulation dans les deux sens simultanément!). Depuis l'ouverture d'un nouveau tronçon en 2006, le trafic est beaucoup plus faible, même si de nombreux locaux continue d'emprunter cette route (car plus courte que la nouvelle). De nombreuses agences proposent la descente de cette piste, sachant que l'on part de 4600m et que l'on arrive à 1300m en un peu plus de 60kms. Cette descente s'effectue en groupe, avec des guides qui indiquent où il faut se calmer (car même si 3,5m c'est large pour un vélo, ça l'est moins pour une vélo+un camion!).
Ce tour est très bien organisé, puisqu'à l'arrivée, le repas est pris dans une auberge sympa avec piscine (le changement de climat avec La Paz est assez hallucinant!).

Pendant ce temps là, voici ce qui se passait du coté de ces demoiselles:



« Les aventures de Mathilde et Sandrine à Chacaltaya » par Sandrine

« Alors que Steve descendait la route de la mort en VTT, Mathilde et Sandrine s'organisèrent une petite excursion combinée entre fille : la montagne de Chacaltaya et la « Valle de la luna ». Cependant, le tout opérateur ne se présenta pas au RDV : l'excursion fut annulée. Quel ne fut pas leur désarroi! Mais les deux filles avaient plus d'un tout dans leurs poches. Aussitôt, elles accostèrent un taxi et le prièrent de les emmener jusqu'à la station de ski la plus haute du monde : Chacaltaya. Le chauffeur tenta d'augmenter le prix de la course. Mais que ni ni, Mathilde et Sandrine ne cédèrent pas une négociation si triviale. C'est ainsi que le chauffeur entama la conduite de ces charmantes demoiselles vers les monts enneigés. A quelques enclavures de la station, la voiture montra quelques signes de faiblesse : plus de ventilateur, plus de batteries, plus de fusible! Ni une, ni deux, Mathilde et Sandrine sortirent du taxi et dévouèrent pour chercher âme qui vive dans ce désert lunaire à 5400 mètres d'altitude. Elles eurent la chance de tomber sur six scientifiques de rayons cosmiques reclus dans leur laboratoire. Ils les accueillirent à l'intérieur de leurs laboratoire et leur offrirent un thé. Ils leur expliquèrent qu'à l'époque, le site était en permanence sous la neige comme pouvaient en témoigner les photos accrochées au mur mettant en valeur des femmes plantureuses légèrement vêtues sur un glacier. Pour se remettre de ses émotions, Sandrine s'éclipsa quelques instants dans les lieux de convenance du laboratoire. Dès qu'elle fut à l'intérieur, des émanations pestilentielles l'envahirent. Manquant de faire un malaise, elle actionna instantanément la poignée mais celle-ci lui resta dans les mains : elle était enfermée dans ce sanctuaire de putréfaction. Elle appela à l'aide son acolyte Mathilde qui vint la secourir immédiatement. Sandrine lui témoigna toute sa reconnaissance. Pendant que le chauffeur s'affairait à la réparation du véhicule, Mathilde et Sandrine entreprirent l'ascension des quelques mètres restants du somment de Chacaltaya. Une vue époustouflante à 360° : frontière chilienne, lac Titicaca, Huyuna Potosi à 6088 mètres. Après ce moment d'extase panoramique, le chauffeur les ramena jusqu'à La Paz tant bien que mal car la voiture avait largement souffert sur les pistes cassantes. A La Paz, enchantées de leurs journée, Mathilde et Sandrine laissèrent le chauffeur dépité avec son véhicule crasseux et son radiateur percé. »



Même après ces petites excursions, les offres des agences ont continué de créer des « conflits d'intérêts ». Les deux petits groupes ont donc continué d'exercer leurs activités de manière séparée: le groupe masculin partant à l'ascension du Huayna Potosi (6088m), le groupe féminin partant lui pour une petite randonnée du coté de Sorata (connue pour être la capitale nationale du trekking).

L'ascension du Huayna Potosi (6088m)

Lorsque j'ai reservé l'excursion pour l'ascension, l'agence m'avait indiqué que j'accompagnerai deux autres personnes. Au matin du départ, il s'avère que je suis finalement tout seul avec le guide!
L'ascension s'effectue en trois jours. Le matin du premier jour, transfert de La Paz au premier refuge à 4800m. L'après midi, le guide m'emmène sur le glacier tout proche pour me briefer sur l'utilisation de la corde, des crampons et du piolet dans les différentes situations (montée, descente, chutes, etc). Après tout ça, petite séance de grimpe sur glace avec piolets et crampons. Et là, à plus de 4800m, en plus de me prendre des pains de glace sur la tronche, je me suis ruiné physiquement (message à l'intention de Vincent et Ben: n'effleurez même pas l'idée de m'emmener un jour faire de la cascade de glace, je pense en être dégouté pour très longtemps!). Le deuxième jour, ascension (avec le matos sur le dos) jusqu'au second refuge à 5130m. Arrivée en matinée, et repos jusqu'au soir, puisque l'assaut vers le sommet est lancé à 1h30 du matin. Un petit coup d'oeil au commentaire (en français) inscrit sur le mur du refuge, juste à coté de la porte: « Allez les amis, vous allez bien en chier! » et c'est parti! Les crampons sont chaussés 50m après le refuge et nous les garderons jusqu'au sommet. Après quelques minutes d'ascension, on (ou plutôt je, car le guide se promène) bascule en mode zombie: souffle court, bras ballants et foulées d'environ 20cm, avec des pauses tout les 10m dans les portions raides. Ce seras comme ça pendant 4h, jusqu'à l'arrivée au pied du mur final. Là, alors que le groupe devant nous semble galérer dans un couloir sur la gauche, le guide me demande de prendre sur la droite. Je monte donc sur la droite jusqu'à l'arrête. Une fois la tête passée au dessus de celle-ci, le guide me montre les lumières de La Paz, au loin... ….avant de me montrer le glacier juste en dessous de nous, au pied de la face, 1200m en contrebas! Sur ces bonnes paroles, le guide repasse devant, et poursuit l'ascension en marchant sur le sommet tassé de l'arrête et me demande de le suivre. A la vue du passage (qui doit bien faire la largeur de deux chaussures, et que l'on doit passer debout, sans appui pour les mains ni le piolet), j'avoue que j'ai eu un bug! Après quelques minutes de réflexion, je finis par me lancer dans le passage, en me décalant du fil de l'arrête pour pouvoir utiliser le piolet. Après quelques minutes, nous avons rejoint le voie principale, et pouvons poursuivre jusqu'au sommet. Nous sommes arrivés au sommet vers 6h00, dans la pénombre. Après avoir tenté d'attendre le levé de soleil, je fini par demander à redescendre avant celui-ci (fait pas chaud la nuit à plus de 6000m). La descente s'est effectuée tranquillement en un peu moins de deux heures, en prenant quelques photos, vu que du coup il commence à faire jour (et que les paysages c'est quand même vachement plus simple à prendre en photo lorsqu'il ne fait pas nuit).

De retour à La Paz, petite sieste à l'hôtel en attendant les membres de l'équipe féminine, dont voici le récit des aventures.

« Les aventures de Mathilde et Sandrine (Bis) » par Sandrine

Avec Mathilde, nous avons décidé de quitter La Paz quelques jours pour nous rapprocher de la campagne et surtout trouver un peu de chaleur. Les températures à La Paz sont plutôt fraîches du haut de ses 4000 mètres d'altitude!!
Notre choix s'est porté sur le village de Sorata, dans la Cordillère Royale ; village réputé pour ses balades en montagne. Pour nous y rendre, nous avons pris un minubus local d'une capacité totale de 15 personnes. C'est ainsi que nous avons voyagé pendant 3 heures à 17 personnes (sans compter les bébés et les bagages)! Le voyage en valait la peine car nous avons découvert un ravissant village accroché à des montagnes verdoyantes. Il est même dit que Sorata est l'un des plus beaux villages des Andes.
Nous avons déposé nos valises dans une petite auberge germanique (pour que Mathilde puisse pratiquer son allemand) qui se trouvait en tout contre-bas du village. Autant dire que nous devions gravir une montée infernale pour atteindre le village. En tout cas, nous avons apprécié la terrasse baignée par le soleil où nous nous sommes adonnées à nos passions : soleil et lecture. Comme le disait si bien Mathilde, il ne manquait plus que la piscine (chose rarissime en Bolivie)! Pour bien finir la journée, nous avons organisé une petite soirée Chocapic dans notre chambre, miam miam!
Le lendemain matin, nous sommes parties accompagnée de notre guide Ricardo à la Laguna Chilata. Une voiture nous a conduit jusqu'à 3000 mètres d'altitude. Et de là, nous avons marché 2h40 pour atteindre la Laguna à 4200 mètres d'altitude. Le paysage était magnifique. Après avoir avalé un sandwich à l'avocat et au fromage, nous sommes redescendues jusqu'au village qui se situe à 2700 mètres d'altitude. Bref, une belle balade! Une petite dédicace pour Mathilde qui a effectué cette longue randonnée en apnée. (cause : allergies).
A notre retour de la balade, nous sommes tombées sur un petit groupe de garnements de 7-8 ans qui pratiquaient ce que Mathilde a appelé « l'Intifada bolivienne ». En d'autres termes, ils nous ont prises pour cible et nous ont jeté des pierres. Aucun traumatisme physique, rassurez-vous mais le traumatisme culturel était bien présent.
Après ces longs efforts, nous rêvions d'un bon petit repas. Aussi, après une douche bien froide (coupure d'électricité), nous partîmes pour le Café Illampu, lieu reconnu pour ses spécialités gastronomiques. Il se trouve que la nuit est tombée très vite et que nous nous sommes retrouvées au milieu d'une forêt dans le noir mais nous avons tout de même trouvé le fameux Café Illampu qui était... fermé! Nous avons donc rebroussé chemin toujours dans la nuit, toujours dans la forêt et avons remontée la longue pente infernale menant au village. Là, nous avons savouré un délicieux plat de pâtes (puisque tous les autres plats étaient indisponibles du fait de la basse saison) et avons passé une agréable soirée en jouant au Scrabble en version anglaise (déformation linguistique oblige!!).
Le jour suivant, nous avons eu le plaisir de reprendre le minibus local toujours « optimisé au maximum » pour regagner La Paz où Steve nous attendait. Nous avons eu la mauvaise surprise sur notre retour, en entrant à La Paz, de constater que les routes principales étaient entièrement recouvertes de pierres : les boliviens protestaient contre la « Municipalidad ». Leur moyen de pression : couper l'accès à la capitale. Nous avons donc récupéré nos bagages et continué notre chemin à pied jusqu'à ce que la route soit de nouveau accessible et que nous trouvions un autre minibus. Nous sommes arrivées à La Paz toutes aussi épuisées que pouvait l'être Steve après son ascension."

Après ces différentes excursions, il est temps pour nous de penser à notre prochaine étape Arequipa au Pérou (à 12h de bus de La Paz). Mais les grèvistes bloquant les routes d'accès au Pérou ont retardé notre départ d'un jour. Nous avons donc profité de cette journée supplémentaire pour aller... … au ciné! La salle en elle même etait une attraction: le plafond et les murs étaient recouverts de centaines de boites d'oeuf! Une isolation acoustique apparemment efficace et certainement peu couteuse!

Le samedi 1er Mai, nous finissons par quitter la Bolivie, direction Arequipa!